À chaque fois que Lionel Messi effleure la pelouse d’une Coupe du monde, on ressent le privilège d’assister à un moment hors du temps. À 38 ans, alors que ce tournoi est probablement son dernier Mondial, le plus grand joueur de l’histoire du football ne fait pas simplement participer — il donne une leçon magistrale au reste du monde. Ce soir, au AT&T Stadium d’Arlington, dans le Texas, l’Argentine boucle sa phase de groupes face à la Jordanie, une rencontre qui, sur le papier, s’annonce comme une formalité. Mais avec Messi sur le terrain, aucun match n’est jamais une simple formalité.
Le coup d’envoi est prévu à 22 h HE. Les Canadiens peuvent suivre l’événement sur TSN et CTV.
Les champions du monde en titre ont été implacables dans le Groupe J. Ils ont commencé avec une victoire de 3-0 contre l’Algérie, marquée par un triplé de Messi, puis ont poursuivi avec un 2-0 contre l’Autriche, deux matchs remplis de deux clean sheets et contrôlés de bout en bout. Le personnage central de ces deux rencontres reste Messi, auteur de l’ensemble des cinq buts argentins de ce tournoi. À 38 ans, avec 120 buts en sélection, il ne ralentit pas — il accélère encore.
- L’Argentine est déjà qualifiée pour les huitièmes de finale en tant que première du Groupe J.
- Le capitaine Lionel Scaloni doit choisir entre ménager ses titulaires pour la suite ou laisser Messi et ses coéquipiers ajouter à leurs totaux historiques.
- Messi a participé à six Coupe du monde, détient le record de matchs joués dans l’histoire de la compétition et est le meilleur buteur de l’histoire avec 18 buts.
Pour la Jordanie, ce match marque la conclusion d’un chapitre fondateur. Al-Nashama — « Les Braves » — s’est qualifié pour sa toute première Coupe du monde en battant Oman 3-0 en juin 2025, un résultat qui a plongé tout un pays dans l’euphorie. L’équipe a livré une compétition honorable dans le Groupe J, inscrivant deux buts en deux matchs, mais les défaites contre l’Autriche et l’Algérie ont mis fin à tout espoir de qualification. Elle arrive au AT&T Stadium avec pour seul enjeu la fierté et l’histoire. Le capitaine Musa Al-Taamari, qui évolue en club à Rennes, mènera l’attaque une dernière fois. Pour la Jordanie, simplement tenir son rang face aux champions du monde sur la plus grande scène du football mondial est déjà une forme de victoire.
Le vrai sujet de conversation à l’approche de ce soir est simple : Scaloni va-t-il titulariser Messi ? Avec le début des huitièmes de finale dès dimanche, la priorité de l’Argentine est la fraîcheur et la condition physique. Son adversaire probable vient du Groupe H — un tableau qui comprend l’Espagne, l’Uruguay, le Cap-Vert et l’Arabie saoudite. Risquer les jambes d’un homme de 38 ans contre une équipe déjà éliminée serait un pari que peu d’entraîneurs prendraient.
L’hypothèse la plus probable est une apparition partielle — un départ ou un rôle de remplaçant — donnant à Messi suffisamment d’espace pour maintenir son élan record tout en limitant son temps de jeu. Même à mi-régime, il reste le joueur le plus dangereux sur le terrain.
Au-delà du spectacle Messi, il y a une raison plus concrète de rester devant l’écran : l’Argentine est l’équipe que le Canada pourrait éventuellement affronter en profondeur dans ce tournoi. Observer comment Scaloni gère ses rotations, quels joueurs semblent en forme et comment la défense tient — même face à une opposition modeste — constitue une précieuse observation pour ce qui pourrait venir en juillet.
Et puis il y a le pur théâtre de la chose. Messi à une Coupe du monde, par une chaude nuit texane, devant 80 000 spectateurs en délire. Qu’il joue dix minutes ou quatre-vingt-dix, chaque touche de balle porte le poids d’une carrière qui ne sera peut-être jamais égalée. C’est le dernier match de phase de groupes de Lionel Messi dans une Coupe du monde. Ça vaut la peine de veiller.






