EST RUTHERFORD, Nouveau-Jersey. Dimanche soir, le plus captivant des huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2026 s’offre à nous, avec un scénario chargé d’émotion : le Brésil, quintuple champion et favori officiel, devra trouver une stratégie pour contrer Erling Haaland et briser un sortilège historique qui semble indestructible. La Norvège a déjà affronté le Brésil quatre fois sans jamais perdre, et elle se rend au MetLife Stadium avec la conviction que cette malédiction peut encore tenir une fois de plus.
Malgré l’histoire, les modèles statistiques penchent du côté de la Seleçao. Les probabilités d’avant-match attribuent environ 52 % de chances de victoire au Brésil sur 90 minutes, le match nul autour de 26 % et la Norvège près de 23 %. Les experts en cotes sont du même avis, colocando le Brésil autour de 17/20 et la Norvège près de 3/1. Cependant, aucun analyste ne prédit une soirée tranquille pour les brésiliens.
Le Brésil possède le pedigree, mais manque de sérénité
Carlo Ancelotti, premier entraîneur non brésilien à diriger la sélection nationale en Coupe du Monde, a mené le Brésil au sommet du groupe C après un match nul contre le Maroc et des victoires sans histoire sur Haïti et l’Écosse. Les seizièmes de finale ont été plus difficiles : le Brésil a eu besoin d’un but de Gabriel Martinelli en temps additionnel pour écarter le Japon 2-1, après que Casemiro eut égalisé. Les Brésiliens ont marqué neuf buts et concédé seulement deux, avec un Vinicius Junior éblouissant et un Matheus Cunha en parfait complément.
L’inquiétude majeure concerne les disponibilités. Lucas Paqueta est écarté en raison d’une blessure à la cuisse, Raphinha est très incertain et des questions planent sur l’axe défensif. Alisson a réussi plusieurs blanchissages, mais le Brésil a encaissé des buts pendant la ronde éliminatoire, et cette attaque norvégienne est bien plus dangereuse que celle du Japon.
La Norvège, conte de fées porté par Haaland
La Norvège revient en ronde éliminatoire de Coupe du Monde pour la première fois depuis 1998. La troupe de Stale Solbakken a battu l’Irak 4-1 et le Sénégal 3-2, encaissé une leçon de 4-1 contre la France, puis dominé de justesse la Côte d’Ivoire 2-1 en seizièmes de finale grâce à un but tardif de Haaland.
Haaland a été irrésistible, avec cinq buts jusqu’ici, des doublés contre l’Irak et le Sénégal, et une fiche qui affiche désormais 60 buts en 53 sélections. Martin Odegaard tire les ficelles derrière lui, tandis que Antonio Nusa et Alexander Sorloth ajoutent à la menace. Le revers de la médaille est une défense chancelante depuis le début du tournoi : la Norvège a concédé un but à chaque match, et les deux équipes ont marqué dans chacune de ses quatre rencontres.
L’histoire et les duels tactiques qui décideront de tout
L’histoire est remarquable et nourrit la confiance norvégienne. La Norvège a affronté le Brésil quatre fois sans jamais être battue, l’exemple le plus célèbre étant la surprise de 2-1 en phase de groupes à la Coupe du Monde 1998. Ce Brésil est bien différent, mais le récit historique renforce la détermination des Scandinaves, même si Haaland a publiquement qualifié les chances des siens de très minces, sachant qu’un seul moment peut tout changer.
Sur le plan tactique, le duel pourrait se jouer sur la façon dont le Brésil gérera Haaland. Gabriel Magalhaes le connaît bien pour l’avoir croisé en Premier League, où Haaland a marqué à répétition contre Gabriel comme contre Marquinhos, si bien que Casemiro et Bruno Guimaraes devront couper l’approvisionnement avant qu’il ne l’atteigne. À l’autre bout, les ailiers brésiliens, Vinicius Junior en tête, devraient s’en donner à cœur joie contre les arrières latéraux de la Norvège, ces mêmes couloirs que la Côte d’Ivoire a exploités pour marquer. Autre élément crucial : les prévisions annoncent des températures dans les 30 degrés au New Jersey, ce qui pourrait ralentir le rythme et influer sur l’ouverture du jeu.
Notre pronostic final pour ce choc
Ce match a tout pour être le plus divertissant du tour, avec deux des attaques les plus redoutées du tournoi et aucune défense hermétique. Le consensus veut que le Brésil possède une meilleure qualité d’ensemble et une plus grande profondeur d’effectif, et qu’il devrait l’emporter de justesse dans un match prolifique, les marchés des deux équipes qui marquent et du plus de 2,5 buts étant les plus prisés vu la facilité avec laquelle les deux camps ont trouvé le fond du filet.
Le pointage le plus probable est une courte victoire du Brésil, quelque chose comme 2-1 ou 3-2, et la prolongation demeure une réelle possibilité si Haaland signe l’un de ses moments. La voie réaliste de la Norvège consiste à rester compacte, à alimenter son buteur dans les zones dangereuses et à entraîner le Brésil vers une séance de tirs de barrage, où l’avantage historique et la liberté du négligé pourraient faire la différence.
En somme : le Brésil devrait passer, fort probablement au terme d’un match nerveux et rempli de buts qui pourrait déborder les 90 minutes. La Norvège est le négligé le plus menaçant du tour, et si une équipe peut faire d’une cinquième rencontre contre le Brésil une autre sortie sans défaite, c’est bien une formation qui compte le meilleur attaquant du monde au sommet de sa forme.
Le coup d’envoi est à 16 h (HE) au MetLife Stadium d’East Rutherford, au New Jersey. Le vainqueur affronte le gagnant du duel entre le Mexique et l’Angleterre en quarts de finale. Il s’agit d’un match à élimination directe : à égalité après 90 minutes, on passe en prolongation, puis aux tirs de barrage au besoin.






