Entre une pluie de cartons, un but de vétéran ému et une remontée inspirée à Guadalajara, le tournoi a lancé un signal clair : rien ne sera simple avant le passage du Canada.
Le coup d’envoi de la plus vaste Coupe du monde jamais présentée n’a pas pris de temps à livrer du spectacle. En une seule soirée, le groupe A a offert deux matchs tendus, des revirements, et assez de chaos pour rappeler que le format à 48 équipes promet du football imprévisible du début à la fin.
Pour les partisans d’ici, cette première journée a servi de mise en bouche. Elle a aussi montré à quel point le tournoi peut basculer vite, que ce soit par un geste défensif mal calculé, une décision de l’arbitre ou une séquence collective parfaitement exécutée.
À Mexico, le match a viré au casse-tête
Le stade Azteca a donné le ton dès l’arrivée des équipes. Plus de 80 000 spectateurs, une ambiance de fête, et un lancement animé par Shakira et Maná ont créé un décor digne d’une grande occasion. Puis le Mexique et l’Afrique du Sud ont transformé la soirée en duel nerveux, parfois brouillon, souvent spectaculaire.
Le Mexique a frappé tôt. À la neuvième minute, Erik Lira a profité d’une relance hésitante pour voler le ballon, et Julián Quiñones a fini le travail en glissant la balle entre les jambes de Ronwen Williams. Ce but a ouvert le tournoi avec franchise, sans délai ni prudence excessive.
Le moment le plus marquant est toutefois venu plus tard avec Raúl Jiménez. Déjà symbole de résilience après sa grave blessure à la tête en 2020, il a marqué de la tête son premier but en Coupe du monde avant de quitter le terrain en larmes. C’était le genre de séquence qui dépasse le simple résultat.
La discipline a ensuite pris le dessus sur le jeu. L’arbitre Wilton Sampaio a distribué trois cartons rouges, un sommet pour un match d’ouverture dans l’histoire de la compétition. L’Afrique du Sud a perdu Sphephelo Sithole puis Themba Zwane, tandis que César Montes a été expulsé en fin de rencontre après avoir coupé une percée adverse. Les trois manqueront le prochain match.
- but d’ouverture signé Julián Quiñones;
- premier but mondialiste de Raúl Jiménez;
- trois exclusions, un sommet historique pour une ouverture;
- victoire de 2-0 et premier blanchissage mexicain en match inaugural.
Pour Javier Aguirre et ses joueurs, le point le plus important reste simple : le Mexique a enfin gagné son premier match d’ouverture en Coupe du monde. Après une série de revers et de nuls dans ce type de rendez-vous, le résultat apporte un poids symbolique autant que pratique.
Guadalajara a offert l’autre visage du tournoi
Si Mexico a vécu dans la tension, Guadalajara a proposé une autre forme de drame : une remontée patiente. La Corée du Sud, classée plus haut que la Tchéquie au classement, a d’abord subi le premier coup avant de reprendre le contrôle et de l’emporter 2-1.
La Tchéquie a ouvert la marque à la 59e minute grâce à Ladislav Krejčí, qui a dominé un long lancer pour placer une tête puissante. Cette arme sur jeu arrêté correspondait bien au plan de match tchèque, jusque-là assez efficace.
La réponse sud-coréenne a été le point fort de la soirée. Huit minutes plus tard, Lee Kang-in a amorcé une manœuvre fluide, puis Hwang In-beom a éliminé deux défenseurs et le gardien avant d’égaliser. La séquence a compté 25 passes, l’une des plus longues ayant mené à un but dans l’histoire du tournoi.
Le suspense s’est prolongé jusqu’aux derniers instants. Tomáš Souček a cru redonner l’avance à la Tchéquie, mais le but a été annulé après vérification pour hors-jeu. Quelques minutes plus tard, la Corée du Sud a puni cette frustration : Oh Hyeon-gyu, malgré une fièvre de 38 degrés, a poussé au fond un centre ras de Hwang pour inscrire le but gagnant.
- premier but tchèque sur coup de pied arrêté;
- égalisation sur une action collective de 25 passes;
- but annulé à Tomáš Souček après révision;
- but victorieux d’Oh Hyeon-gyu malgré un état de santé fragile.
Kim Seung-gyu a ensuite verrouillé le gain en fin de match avec un arrêt décisif. La Corée du Sud a terminé avec plus de tirs et l’allure d’une équipe capable de surprendre encore.
Le Canada attend son tour
Après cette entrée en matière, le groupe A s’annonce déjà ouvert. Le Mexique et la Corée du Sud partagent la première place avec trois points, alors que l’Afrique du Sud et la Tchéquie devront réagir vite pour ne pas se retrouver en difficulté dès le début.
Pour le Canada, l’heure approche enfin. L’équipe nationale amorce sa campagne devant une foule comble au BMO Field de Toronto, face à la Bosnie-Herzégovine, dans le premier match de Coupe du monde masculine présenté sur le sol canadien.
Le groupe de Jesse Marsch comprend aussi le Qatar et la Suisse, et les autres matchs de la phase initiale se joueront au BC Place de Vancouver. Après avoir vu les premiers coups d’éclat du tournoi, le Canada entre dans une compétition déjà lancée à toute vitesse.
Le message de cette journée est limpide : cette Coupe du monde veut du rythme, du bruit et des renversements. Entre les cartons rouges à Mexico, le but émotif de Jiménez, la fièvre d’Oh Hyeon-gyu et la construction de 25 passes en Corée du Sud, le décor est planté avant même le premier geste canadien.






